Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 16:18


(On ne se moque pas de mon titre-blague car c’est méga important)

 

 

Je n’ai donné signe de vie pendant plusieurs semaines qui furent peut-être même des mois voire des années, seul le grand horloger pourrait nous renseigner sur la question. Je ne suis personnellement pas attirée par la barbe, qui s’y frotte s’y pique. Ma seule religion est l’arrivisme. Et nous ne sommes pas au service de "la recherche d'informations", tout de même.

 

Nonobstant le robot constant (n’ayant jamais réussi à faire ce jeu de mot somme toute minable lors d’une conversation mondaine, je me venge sur la vie mais surtout sur vous), vous allez vite me pardonner cet écart de conduite blougesque lorsque vous apprendrez quelle terrible mésaventure m’a éloignée de vous. J’ai moi-même cru ne pas m’en sortir et rester à jamais hébétée par le doux rêve fantasmagorique qui a trompé mon cerveau qui ne s’est laissé illusionner de la sorte que si peu de temps.

 

On nous cache tout, on nous dit rien, ce sera le leitmotiv de ma vie mais il semble que cette maxime se vérifie dans tous les moindres interstices de la vie interstellaire. Vous commencez à comprendre ? Oui, je ne parlerai ici de rien mais j’en parlerai.

 

Plus sérieusement, mon absence s’explique par un séjour fortuit et inattendu au Brésil, vaste jardin de mes ancêtres, terre sainte de tous les adorateurs de la danse possédée et mystique. Je vous fais grâce de mes observations ethnologiques (je me concentre pour finir mon épopée grandiose, qui sera l’œuvre de toute une vie, tant ces récits fabuleux semblent infinis).

 

Carnet de voyage moderne, pittoresque, exotique, irrespectueux et mitonné par une mythomanie latente, je me suis prélassée à l’ombre d’un affriolant noir au cheveu torsadé et au corps robuste et sculptural façonné par d’atroces conditions de vie. Doigts de pieds en éventail, le Brésil c’est l’administration et mon introduction aurait dû être bien plus courte.

 

Depuis un mois, je me prépare psychologiquement à replonger dans l’addiction de la drogue qui n’a pu quitter mon esprit malléable pendant plus d’un an et dans ses effets secondaires m’approchant chaque jour un peu plus du Nirvana. Souvenez-vous donc. Mes affinités administratives se confirment de jour en jour. On ne devient pas fonctionnaire, on l’est, on le sent et on le sait. Nooon, je ne l’ai pas choisi. Siii, c’est de la faute de mes parents. Le piston, les bonnes relations, ça n’a pas de prix. Les concours de fonctionnaires ? Si vous voulez mon avis, c’est du pipo et je commence à m’y connaître sur la question.

 

Que de mystère et d’ennui ! Au fait !

 

L’an dernier, je me suis plongée à corps perdu dans ce microcosme, dans ce monde aux règles sociales bien particulières et dont le vulgaire et bien portant quidam ne soupçonne ni l’existence, ni la subtilité. Je parle bien sûr du monde des impôts.

 

Où commence la réalité et où finit l’illusion ? Où s’achèvent les faits et où débutent les fantasmes ? Suspendue dans un univers a priori inconnu, je m’y suis sentie comme un colibri sauvage surplombant l’étendue sibylline de Singapour en quête d’identité, persuadé qu’un aigle royal sommeille en son for intérieur.

 

Les impôts c’est rigolo. Les rebuts de la société, les dégénérés mentaux, les centenaires indéboulonnables, les dictateurs contrariés, les rats de gouttières, les anarcho-syndicalistes, les bossus lubriques ne sont que quelques uns des personnages qui font la loi confuse, joyeuse et inquiétante de ces lieux ; et ce, dans chaque service. Voilà ce que j’en ai retenu dans ma fougueuse et revêche jeunesse.

 

Ma colonie de vacances, mon Brésil à moi, c’étaient les archives et ça le sera toujours. Sur le tas, j’y ai compris la notion de travail selon les termes publics (qui diffère tellement peu de l’océan de squales Buzzatiens dans lequel j’ai nagé tel le colibri mazouté l’année précédant cette expérience hors-norme) et ça vaut le détour. Entre absurde, inquiétude et dépit, le château Kafkaïen s’animait devant mes yeux ébahis.

 

Mes souvenirs sont vagues et comme tout songe, le réveil se révèle (prfff) déjà confus et bousculé, mais tout y est. Puis, à mesure que passent les jours et les mois, les détails s’oblitèrent d’eux-mêmes, les liens s’escamotent et le peu de cohérence s’érode. On en vient à se demander quelle part de reconstruction mentale vient recouvrir le parchemin initial, on en vient même à remettre en question l’existence d’un quelconque canevas originel.

 

Si ! Je le sais, j’y étais. Je les ai entendus, les vieilles cinglées insensées radoter, les jeunes chiens fous contester, les petits gros cyniques marmonner, les costumés lubriques obliquer. Je les ai fuis et me suis tapie dans mon antre sombre et faite d’étagères mouvantes.

 

Me connaissez-vous vraiment ? Connaissez-vous ma capacité de concentration exceptionnellement réduite ? Ma mâchoire s’est émancipée de ma figure à l’entendre « allez-y mollo, mon petit ! ». Les caves développent décidemment l’imagination. Je n’en pouvais plus d’activités trépidantes. Echanger les dossiers d’ISF ne m’a amusée qu’un temps, modifier les déclarations était un peu pervers, dévaler les rayons sur ma fière et fidèle monture volée au service du courrier m’a occupée plus longtemps, le wythme dans la peau je l’avais c’est sûr, j’ai fini très douée au crachat de coquilles de graines de tournesol puisque je ne faisais que des paniers à cent points les derniers jours.

 

Les impôts, c’est rigolo mais c’est aussi affolant. Les techniques archaïques et aléatoires sont bien rôdées, les questionnements futiles – à savoir quel nouveau marqueur utiliser – sont le pain quotidien, les déclarations « égarées » sont la part de risque irréductible et souhaitable et les petites gueguerres collégiennes bien divertissantes.

 

Non, j’ai vraiment aimé mes dernières vacances au Brazil. J’ai hâte d’y retourner retrouver les copains. Ah non ! Zut ! Je change de destination, je vais devoir m’intégrer à mon nouveau groupe. Ce n’est pas grave, j’ai tout prévu. J’ai mes boules de gum, j’ai mon regard austère, j’ai mon cube de Rubik, j’ai ma montre synchronisée sur l’heure du déjeuner, j’ai mon verre perso pour les pots quotidiens. On va bien s’amuser. Vous êtes friands. J’essayerai de prendre des notes un peu moins confuses. Mais juste un peu.

 

(Travis – Side et

Brazil - T. Gilliam)

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Yop yop, cet article est méga pompeux et incompréhensible, je m’aime. J’insiste, en vrac, sur (mes inspirations, car je suis une grande auteure) :


- Brazil, de Terry Gilliam ; qui est "tout simplement" fantastique, hilarant et poétique. Notre jeune héroïne et son charme ravageur n’ont fait que confirmer mon enthousiasme (et bien oui, je suis très faible). C’est d’ailleurs le fil rouge (si si, il y en a un) de cet article et ce qui me l’a inspiré.

 

- La grande magie, qui se joue à la Comédie Française (enfin bon, là, ce sont les vacances. Le monde entier est en vacances, dentistes, ophtalmo et j'en passe. Bandes de fainéants ! Il n'y a guère que moi pour travailler et blouguer). C’est ma représentation préférée, désormais. Ce fut une véritable surprise, j’y allais en trainant les pieds, ne connaissant pas du tout l’auteur - Eduardo de Filippo - et ai été moi-même charmée et illusionnée. Je suis toujours sous le coup de l'euphorie, je bondis. Il est toujours à l’affiche pour la saison 09/10. Je reviendrai à Parix exprès pour le voir, na. Denis Podalydès n’en a-t-il pas marre d’être aussi bourré de talent ?

 

- Il y a quelques temps, j’ai vu Abre los ojos, d'Alejandro Amenábar, dont le remake américain et Cruisé est Vanilla Sky. 'M’en fiche, Abre los ojos est aussi Cruzé (mais en version espagnole, ce qui n'est que plus agréable).

 

- Nono le robot, évidemment, sans qui rien n'eut été possible et que je n’ai malheureusement pas connu.

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NB : Je n’ai rien fait que mon contrat aux impôts m’interdise. Je prévois le coup, on ne sait jamais ^^

Par Moilue - Publié dans : L'opportuniste
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Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /Juil /2009 16:18


La genèse de l’épopée héroïque :

 

Le divin pouvoir m’abandonne, mes dernières forces se sont perdues dans le flot d’insensés mois d’épuisement. « Moilue, je t’assure, c’trop dommage. T’as raté les années les plus zin-té-re-ssan-teus. La misère moderne s’abat sur notre université, Moilue. Tu en es le témoin privilégié. »

 

A travers la fumée opaque, les oracles me parlent : « Mais les deux prochaines années seront époustouflantes. Tu regretteras de ne pas être née plusieurs fois pour vivre ces moments incomparables en kaléidoscope. Tu parcourras la faune, tu jouteras contre des anacondas dantesques et tu décrypteras les rites locaux. « Quel force sociale pousse les autochtones à se munir de feuilles de bananiers pour explorer la forêt ? » sera la lanterne te guidant à travers les affres d’une structure sociale hermétique et insondable. Après des années de recherches et d’études minutieuses, tu en viendras à ta conclusion. Magistrale. « Ils n’ont pas de moltonel ». »

 

La passion ne saurait suffire à extraire la volonté que je n’ai pas de cet amas de chaire sensuelle que je me coltine. Mon cœur a parlé. Je ne peux pas. La passion est bien présente, la sociologie, l’anthropologie, la fascination, sexy Bourdieu, gaucho Cuche, chaman Bastide. Mais non. Pourquoi ? Je suis vénale et arriviste. Que faire ? Renier mes principes.

 

J’ai bien pensé à devenir une terrible commerciale, dépouillant la veuve et l’orphelin, mais l’argent appelle l’argent et je n’ai pas le téléphone. Repli stratégique, je vais faire de la politique ! (et de la poyésie, car trop d’études ont été faites sur la Polynésie)

 

L’Odyssée de Moilue et les paysages fabuleux :

 

Je n’ai étrangement réussi à convaincre personne de m’accompagner, et ce n’est pas faute d’avoir proposé du sex à la clé. Je me demande où est mon erreur. Je suis seule et décide donc de tout. Ca risque d’être chaotique. Je commence par écarter l’option de l'avion car il m’avait sincèrement coûté dans mon cœur de le prendre, au premier chapitre. Et surtout, je n’aime pas être stone, comme c’est souvent le cas dans ces engins. Train ! Méga grève (la big teuf du cheminot est prévue depuis deux semaines) ! J’aime mon transilien, il ne fait jamais grève, il vit aux Etats-Unis.

 

Je prévois tout. J’arrive très en avance parce que c’est ma conception de la prévision. « Nous informons nos aimables voyageurs du dimanche qu’il y aura un train sur deux en direction de Grenoble mais pas le vôtre, l’autre. Hihihi. Mouahaha. » A peine cinq heures, trois km pour trouver un sandwich à moins de quinze neuneus, dix hectolitres de flotte sur ma tronche et treize regards inquiétants plus tard, je prends place, tout comme les cinq cents quatorze autres passagers de mon train annulé, sur mes cinq cm² de siège accordés. Je suis à l’étage, les effluves de douceurs gastronomiques Quit, MacRo et autres valsent, je veux vomir, je sombre.

 

La rencontre qui bouleversera toutes les suivantes :

 

Je foule le bitume grenoblois, je suis en émoi. Je veux, je veux, je veux. Le tram est trop cool, je veux. Il avance très lentement, je veux. Il grince comme les articulations de mémé Aglaé, je veux. Les composteurs ne sont pas dans les trams, c’est con, je veux. Les gens sont méfiants (mais bon, envers moi donc j’accepte), je veux. Le campus est trop génial, je vois de l’herbe, je veux. Il y a plein d’affiches du NPA, je veux. Non ! J’ai raté le concert des caribous enragés, je veux. La jeunesse militante locale semble active et plutôt drôle, je veux. Han ! Le F1 est trop beau et pratique (il est strictement identique à tout autre au point que c'en est flippant). JE. VEUX.

 

J’oblitère les trois poufs parlant « concours » dans le tram. 'Sont moches et puent, 't’façon. Je sors victorieuse du tram. Les éléments se concertent. « Blablabla, notre victime du jour sera… Hum… (doigt aussi accusateur que blasphématoire dirigé vers ma personne) ELLE ! On va lui en faire baver, ça s’ra marrant. » Il pluviote. Je sors mon plan, il drache (j’assume le terme « drache », c’est évocateur). "Bah, c’pas grave, j’vais attendre sous l’abribus, là, celui qui est à peine à un km." Une demi-heure, la totalité de mes os transis, une fille qui a peur quand je lui souris, quatre coups de tonnerre angoissants, un appel désespéré à mon seul soutien qui ne répond pas et un courage d’inconsciente plus tard, je me précipite vers mon hotel.

 

Mon rêve de grenouille réalisé :

 

J’ai été la protagoniste d’un dessin animé avec son lot de clichés au moins une fois dans ma vie. Je marche donc, trempée mais de façon acceptable considérant la drache de malade que je reçois, une petite voiture de rien du tout à l’humour ravageur décide de faire un geyser avec l’eau se situant au bord de la chaussée. Je ne vois rien venir puisque ça vient de derrière. Consolation : le tissu se situant autour de la braguette est toujours sec, ce qui évite toute extrapolation malheureuse. Heureusement que j’ai mis mon unique plan, mes tickets de tram et mes papiers dans mes poches. Je passe une nuit des plus agréables, la fenêtre grande ouverte et le chauffage à fond. Gaia me hait un peu plus chaque jour, je suis malade, les éléments sont pliés en quatre.

 

Il fallait bien que ça arrive :

 

Le reste est moins drôle et c’est un exploit. Que du banal : épreuve / compote / con*ards / attente / épreuve / etc. Quelques bémols, donc. Le resto U vers lequel quelques autochtones se dirigent est tout simplement infecte. Je ne suis pas difficile du tout pourtant, je me contente d’un peu de caviar, de quelques langoustes cuisinées à la norvégienne et d’un léger soufflé au chocolat. Ensuite, pour ce qui est de mes concurrents, point de sexytude mais de la pouffitude, de la j’me-la-pètitude, de la petite bourgeoisie-pseudo-rebelle-et-minablitude, des présomptueux, des bavardages stériles, des tentatives de drague pathétiques en attendant les épreuves… mais je ne juge pas d’après les apparences, c’pas mon genre. Au moins, il fait beau.

 

Le retour pas victorieux du héros, Pénélope est partie se faire un kébab :

 

Je rentre chez moi comme je suis venue, en planant au premier étage du TGV. Le master a l’air très intéressant. Je le veux. J’ai foiré les épreuves. ‘M’en fous, je ne le voulais pas. Grenoble c’est nul. Je suis aigrie.

 

Le bilan, pour ceux qui n’en n’auraient pas marre et n’auraient pas compris :

 

Grenoble : Je l’aime et je ne sais pas pourquoi.

Le campus : Je l’aime pour l’apparence militante et farceuse de ses habitants. Je l’aime pour son côté peace et néobab, pour ses petites verdures et ses vélos.

Chances d’y vivre : Inexistantes et j’en suis désormais à la seconde phase du deuil, la colère.

 

(Starsailor – Poor misguided fool)

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NB : Je ne suis pas narcoleptique. Mes musiques sont certainement très agaçantes mais je trouve cette habitude conviviale. Chacun sait que le convivial va de paire avec l'agaçant

 

 

Par Moilue - Publié dans : L'aventurier
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Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /Juil /2009 12:49



- Pourquoi cet article ?

 


Ca faisait trop longtemps que je n’avais pas ressenti telle émotion au cinéma. J’ai presque cru que je devenais frigide du film mais grâce à ce film-là je sais que non. Bahman Ghobadi devient un cinéaste connu et reconnu et représente un certain cinéma iranien. Un temps pour l’ivresse des chevaux, caméra d’or de Cannée en 2000, l’a fait connaître du grand public. Les chats persans a été présenté dans la catégorie un certain regard au festival de Cannes de 2009. Bref, c’est du lourd. J’ai eu la chance de voir ce film en avant-première. Bahman Ghobadi explore le format de la fiction documentariste ou du documentaire fictif, on ne sait plus trop où on en est, c’est perturbant et ça fait du bien. C’est beau, engagé, instructif et original. J’ai peur que ce film ne bénéficie pas de la publicité qu’il mérite (comme beaucoup d’autres) et il me tient à cœur de lui faire une promotion incroyable auprès des trois pèlerins qui passeront, par erreur, sur mon bloug.

 

- Quel est le sujet ?


Ashkan et Negar sont deux jeunes iraniens « occidentalisés » sortant de prison et cherchant, sur deux semaines, à recruter des musiciens pour monter un groupe de musique « indie rock » qui entre dans le cadre de la loi pour obtenir une autorisation mais surtout à obtenir des passeports et des visa pour faire un concert à Londres. Ils sont aidés par Nader, une sorte de magouilleur touche-à-tout à la tchatche bien rôdée et au grand cœur. Le film a été tourné sur deux semaines, sans autorisation et ce n’est pas pour autant qu’il est moche.

 

- En quoi c’est intéressant ?


Ce docu/fiction aborde plusieurs problématiques avec subtilité sans en apporter de réponses catégoriques et moralisatrices, il aborde des thèmes assez durs avec humour. Bahman Ghobadi traite, pêle-mêle et avec délicatesse, des thèmes de la difficulté d’être un artiste à Téhéran (si si, j’vous jure), des autorités omniprésentes et de la peur qu’elles inspirent, de la censure culturelle et de la fuite des artistes, des codes moraux hypocrites et anachroniques, de la surveillance constante de tous et de chacun, du trafic de papiers et des marchés noirs, du monde musical underground foisonnant et de la jeunesse iranienne occidentalisée, etc. Tout ceci sans se vouloir racoleur ou provocateur pour la beauté du geste.

 

On découvre l’univers musical underground des alentours de Téhéran à travers les pérégrinations de ces protagonistes. On rencontre différentes mouvances toutefois confrontées aux mêmes difficultés. On passe du métal rural au rap engagé en passant par le country en persan, et bien d'autres encore. Eux aussi recherchent un coupain du métro (Je n'aime pas le métro mais j'aime les coupains du métro). Il n’y a pas que l’anglais qui soit une "langue à musique", il y a aussi le persan (sans oublier l’allemand de Tokyo hotel ^^). Il y a les groupes qui tentent de lisser leurs propos pour passer à travers une censure de toute façon sourde et les ultra-engagés.

 

- En quoi c’est beau ?


Ce format du documentaire à la limite de la fiction où on perd ses repères est assez déconcertant. Le tour d’horizon des différents groupes est plutôt bien mené, malgré le nombre importants de groupes rencontrés je ne me suis pas lassée et les passages musicaux sont très agréables et éclectiques, accompagnés par de délectables images de l’Iran et surtout de Téhéran qui dressent un certain panorama de la société iranienne citadine actuelle.

 

Les trois protagonistes sont attachants. Les documentaires ne sont pas qu’une suite chaotique et crade de plans agités et vomitifs, ils peuvent aussi mettre en œuvre une mise en scène et un montage travaillés, des images sublimes et des protagonistes très beaux (^^ ce qui ne gâche rien) sans perdre de leur pouvoir engagé et de leur message. Ce film en est une preuve. C’est surtout pour ça que j’ai aimé ce film ; l’esthétique est bouleversante, la découverte toujours agréable, le message dense et le ton léger mais grave.

 

- Pourquoi tu pleures ?


Je pleure parce que je suis sensible, pardi ! Je pleure aussi parce que je vais devoir attendre le 23 décembre 2009 pour le revoir. C’est trop pinzuste. Ce qui me rassure est que vous aussi vous pleurez d'attendre si longtemps.

(Les chats persans - B. Gobadi)
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NB : Je n'ai pas mis de musique parce que je ne m'y connais pas vraiment en musique iranienne... Enfin, déjà un peu plus qu'hier mais ce n'est pas encore ça. Cependant, j'ai mis une image avec un monsieur qui a des cheveux, pour compenser.


Par Moilue - Publié dans : J'ai tout lu, tout vu, tout bu
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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /Juil /2009 15:01

(oui, bon)


On ne revient jamais indemne de ce voyage au centre de la Terre tant la vision des créatures jonchant ce territoire brut et sauvage marque nos esprits et l’imaginaire collectif à jamais. Le métro parisien n’est pas un monstre tentaculaire à la sauce tokyoïte ou new-yorkaise mais il se caractérise par sa densité, du fait de « l’emmurement » de Paris, dépassant les limites de la décence. Déjà, en tant que bonne future non-ethnologue, je tiens à préciser que les japonais et les américains ne sont pas tout à fait des gens comme nous. Il est ensuite difficile de l’oublier, ce métro. Ou que l’on soit dans la capitale, de doucereuses vibrations intermittentes atteignant nos voutes plantaires nous rappellent la triste réalité. Il est dans la vie de chacun, même des Paparisiens.

 - Petit point d'histoire

Gloire et apogée d’une France au firmament de sa renommée et de son influence, et d’un Paris tout beau tout neuf, le Paris du baron Haussmann, la mise en service du métro se fait en grandes pompes. En 1900, la décadence initiée par la défaite face à la Prusse ne se fait toujours pas sentir, l’hystérèse la maintient en vie et en fastes lumineuses. Les fameuses expositions universelles rappellent l’hégémonie d’une Europe sur le déclin. Les splendeurs de technologie et de modernité se bousculent et chaque pays tient à exhiber ses plus beaux atouts. De 1900, on retient volontiers la très moche tour Eiffel et le très chic Métropolitain. Je suis d’ailleurs extrêmement déçues par nos aïeux n’ayant pas réalisé le caractère visionnaire du « trottoir roulant ».

- Mais c’est quoi ?


 Il est tout à fait concevable que vous, viles plébéiens provinciaux, ne connaissiez pas l’utilité de tels engins. En théorie, c’est un réseau de transport en commun souterrain permettant à ses passagers, citadins excédés par la lenteur de la vie, de se déplacer d’un point A vers un point B plus rapidement qu’à pattes. Ca c’est la blague. Dans, les faits, on échoue souvent et on essuie toujours l’incommodité, la nuisance, la promiscuité, les effluves, la laideur, la pauvreté, l’étranger. Comprenez-moi bien, je ne méprise personne. Ce métro reflète la pire dimension de notre société, il est l’abominable de la modernité dont les caractéristiques les plus déshumanisantes y sont exacerbées.

- L’état des lieux


Le réseau est éclectique, il est le fruit de plusieurs extensions. Quand on ne confond pas les stations avec des jolies serres, on les confond avec le logo de la chaîne de restauration gastronomique américaine. C’est perturbant.

Les lignes ont leur personnalité. Il y a la 4 plutôt banale, celle de monsieur tout le monde qui aime le cinéma et les centres commerciaux moches ; cette ligne est particulièrement appréciée des suicidaires qui n’en peuvent plus de leur vie banale. Joli pied de nez au destin, "je me tuerai sous les roues de ma ligne quotidienne". Il y a la 1, la nouvelle génération de la rame de ouf (mais qui reste éthique et conduite par un cheminot) où les businessmen sont excédés par les touristes et leurs valises. Il y a la ligne du futur, la 14, qu’on se croirait dans les tubes de déplacement de Futurama, c’est un peu la ligne tectonique, celle des jeunes. Il y a la 7, la mal famée, celle des suicidaires un peu plus lâches : J’ai engagé une ligne de métro, celle où les regards psychotiques font partie du décor et du folklore. La 9 où on s’ennuie, la 3bis que personne ne connaît, la 10 prise de tête, et toutes celles qu’on ne connaît pas.

Les gares et les stations sont chacune affublée d’une personnalité, comme partout ailleurs. On reconnaît les parcours touristiques, on sait où on pourra trouver un cadeau pour tonton Robert, où on achètera des légumes. La clique des stations "Eole" a signé un contrat avec Franck Pomost pour vous décoiffer et vous inciter à vous faire pouponner plus souvent qu’il ne le faudrait. Les paranoïaques se rassurent en s’arrêtant dans les stations "abri-nucléaires" et croisent les férues de sport qui font des allers retours dans les escaliers (je reconnais me sentir fière en sortant de Nation). Les enfants aiment jouer à cache-cache et au loup dans les stations les plus orgueilleuses et friandes de correspondances hallucinantes.

 - L’individu, cet être exceptionnel


Les usagers sont la principale source d’amusement. Les typologies sont courantes et nombreuses. Les habituelles sont toujours au rendez-vous, les touristes, les frotteurs, les matteurs, les teigneux, les dangereux, les bruyants, les suants, les loubards, les fêtards, les bloqueurs, les valises, les mignons, etc. Il y a d’autres types intéressants mais un peu plus rares.

Les personnes âgées sont particulièrement sournoises. Il faut s'en méfier et, pour pasticher Bourdieu, nous pouvons affirmer que « la vieillesse n’est qu’un mot ». Il y a celles qui vous regardent, les yeux rougis par les foudres de la colère et de l'impatience, avec insistance pendant plusieurs dizaines de secondes jusqu’à ce que vous leur proposiez de leur céder votre place. Ne tentez pas d’anticiper ce genre de démonstration de haine, vous récolteriez un cinglant « Moi ? Mais non. Pourquoi ? » et une gêne suffocante ne vous quittera pas pendant les dix prochaines minutes. Il y a aussi les vieux acariâtres qui hurlent, vocifèrent, médisent, maudissent et fulminent contre tout ce qui bouge et ne bouge pas. Mais il y a les vieux dont on aimerait être les petits enfants rien qu’en voyant leur regard. A titre d’exemple, une petite dame assise sur son strapontin avançait son petit crochet qui trône certainement désormais sur le guéridon de l’entrée de sa belle-fille (ou bien la dite belle-fille l’a jeté aux ordures). Il y avait aussi cette dame qui m’a félicitée d’avoir terminé mon rubic’s cube en quatre stations (je n’étais pas peu fière, je sentais la pression de mon arrêt imminent se faire de plus en plus forte).

Il y a aussi les voyeurs, je me classe ici. Je passe mon temps à lire par-dessus l’épaule de mon voisin de quelques minutes. Plus c’est inintéressant, plus j’aime. J’écoute les conversations. Je fixe la laideur pour me convaincre qu’elle est réelle. Je piste les gens qui m’intriguent. J’aime ça.

- Big brother

La RATP a le don de cumuler les pires défauts du monde de la surface. Ces défauts ne lui sont pas propres, on les retrouve ailleurs (je pense à la SNCF, notamment). A partir du moment où l’on descend les escaliers fatidiques, il faut accepter de ne plus être maître de ses actions et de son destin. Il faut accepter les odeurs de croissants industriels. Il faut accepter de se presser dans un escalator, même contre sa volonté. Il faut accepter d’entendre les hurlements directifs provenant de haut-parleurs venus d’ailleurs. Il faut accepter, si une petite faim se fait sentir, de se sustenter de l’unique sandwich à l’unique prix exorbitant présent aux alentours et surtout il faut donner l’impression qu’on pense sincèrement avoir le choix entre cinq devantures différentes (alors ça, c'est vachement malin). Nous sommes stupides, évidemment. Il faut accepter d’être pisté pendant au moins 48 heures puisque "liberté" et "simplicité d’utilisation" sont des antonymes dans ce monde pas si particulier (je parle des pass). Je me sens vite très veau et je n'aime pas donner raison à Charlie. La RATP est un petit roman d’anticipation à elle toute seule. C’est formidable.

 - Les trésors

A l’image d’une faune amazonienne hostile et sauvage abritant trésors et butins mythiques et légendaires, ces tas de taule rouillée ambulants cachent aussi de jolies surprises. Je parle évidemment des poèmes du métro. Non. Je parle des nombreuses histoires d’amour que j’ai initiées dans le métro. Non. Je parle des idées de déco que j’y ai récupérées. Non. Ces trésors sont légendaires mais peut-être pas que. Je vous assure, il y en a, on peut les trouver.

- Bref, il est temps

Le métro est abject et fascinant, reflet prophétique d’une société s’acheminant vers la mollesse et l’assistanat revendiqué. Et dire qu’après une attaque nucléaire, il ne restera que trois cinglés dans leur cave et le métro. Que penseront de nous les prochaines formes de vie terriennes ? Qu’on dessinait super bien les lapins.

(Zutons - Moons and horror shows)
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NB : J’arrête là ma fixation perverse sur le métro, je le promets


Par Moilue - Publié dans : Les gens sont fous, les temps sont flous
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Dimanche 21 juin 2009 7 21 /06 /Juin /2009 17:05




(Les Cowboys fringants - Chêne et roseau)
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NB : Finalement, je continue les zikmu tant que je peux le faire. ^^
Par Moilue - Publié dans : L'aventurier
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